Compte-rendu de la sortie annuelle
Vendredi 27 septembre 2024
9h RV des participants à l’Église de Gevrey-Chambertin.
9h30 REULLE- VERGY
Le Président Bernard SONNET nous présente l’historique et les éléments d’architecture marquants de cet édifice :
Située sur le Mont Vergy, l’histoire de l’Eglise est indissociable de la colline historique de Vergy occupée dès l’antiquité, puis fief de la famille de Vergy pendant tout le Moyen Âge, la forteresse devint propriété des ducs de Bourgogne en 1199. A la mort de Charles le Téméraire, la Seigneurie devint possession royale, puis le château fut entièrement démantelé par Henri IV. NB : « la Chapelle de Vergy » est un roman anonyme
A l’extrémité sud, à l’extérieur des remparts du château, se tenait l’abbaye de Saint Vivant, construite au IX ° siècle, abbaye bénédictine construite à l’emplacement du tombeau de Saint Guérin de Vergy, martyr, frère de Saint léger, lapidé sur le Mont Vergy en 674.
Cette abbaye était destinée à recevoir les reliques de Saint Vivant, qui reposent aujourd’hui dans l’église. Le monastère de Sant Vivant dépendait de l’Ordre de Cluny au rang de « Grand prieuré » rattaché en l’an 1000 à l’Abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, il fut occupé jusqu’en 1790. Ses moines exploitaient le célèbre cru de la Romanée Saint Vivant.
Troisième église située sur le Mont Vergy, l’église actuelle aurait été construite sur les restes d’un ancien édifice carolingien du VI °siècle situé au cœur du cimetière, ce qui est attesté par la présence de plusieurs sarcophages retrouvés autour du sanctuaire.
Au XI° siècle, l’archidiacre de Langres lança sa construction, les murs latéraux sont de cette époque, elle fut complétée par le chevet à 3 absides. Le mur et 3 arcatures qui séparent la nef du chœur datent du XIII° siècle. Enfin, au XV° siècle, J. EMONIN, curé de Vergy, issu d’une ancienne famille de REULLE, fit construire les voûtes qui dominent la nef et le chœur ainsi que la chapelle Sainte Barbe. Le porche d’entrée date du XVIII° siècle.
L’origine de sa consécration à Saint Saturnin, martyr toulousain, serait liée à la dévotion que lui vouaient Saint Guérin et Saint Léger.
Inscrite monument historique en 1947.
L’église a fait l’objet de plusieurs campagnes de restauration, dont l’intérieur dans les années 1990 et plus récemment pour les façades extérieures.
A noter ; Une piéta en pierre polychromée, le reliquaire de Saint Vivant, une statue de Saint Saturnin.
Les enduits des murs du lavoir ont été refaits et primés par l’ASERU. Deux autres édifices de ce type sont répertoriés dans des communes proches : Segrois et Villars-Fontaine.
Dans la commune, on remarque des maisons de vignerons reprenant la typologie des maisons des Hautes-Côtes : logis à l’étage ou en rez-de-chaussée surélevé sur un cellier, toitures à croupes.
11h30 SEGROIS
12h PERNAND-VERGELESSES
La Maison Jacques-Copeau, ancienne propriété de Jacques Copeau, située à Pernand-Vergelesses en Côte-d'Or, date de la première moitié du XVIIIe siècle, inscrite sur la liste des Monuments historiques et labellisée Maison des Illustres en 2014. La maison a été conservée en l’état par ses héritiers, les Dasté, en particulier la chambre-cabinet de travail de Jacques Copeau, son imposante bibliothèque et la chambre de son épouse Agnès (née Thomson). La maison avec jardin, terrasses et potager face au vignoble est perçue par Copeau comme un havre de paix.
Jacques Copeau, né le 4 février 1879 à Paris et mort le 20 octobre 1949 à Beaune, est une personnalité d'importance majeure dans le monde intellectuel et artistique français de la première moitié du XXe siècle, principalement dans le domaine du théâtre.
Critique de théâtre pour plusieurs journaux parisiens, il participe à la création de La Nouvelle Revue française en 1908, avec des amis écrivains comme André Gide (devenu Gallimard). Il fonde le théâtre du Vieux-Colombier en 1913, qu'il dirige pendant plusieurs années, et révolutionne l’art dramatique en 3 points : le répertoire, la création d’une école d’art dramatique et le développement en région.
La chambre de Madame Copeau, Agnès, danoise, protestante, est lumineuse et dégage une certaine sérénité.
Dans la chambre de Jacques Copeau, l’élément marquant est la bibliothèque théâtrale qui couvre 200 mètres linéaire (environ 5 000 ouvrages), du XVIIIe siècle à une collection de la NRF de sa création à 1943, un grand nombre d’éditions dédicacées, parmi lesquels Paul Fort, Henri Ghéon, André Gide, Jacques Rivière, André Suarès. Elle fait figure de bibliothèque de travail.
On remarque une affiche de 1913 lançant un appel au jeune public pour l’ouverture du Théâtre du Vieux Colombier et le motif des 2 colombes, emblème du Théâtre du Vieux Colombier.
A Pernand-Vergelesses, il est entouré d’une troupe de « Copiaus » (copiau = petit cep de vigne) quiparticipaient aux travaux agricoles, vignes et cassis. Cette imprégnation villageoise, conçue comme « une greffe séminale » entre les Copiaus et le monde du vin, a contribué à leur inspirer chants, saynètes, prologues et créer des personnages, tels que Jean Bourguignon, archétype du vigneron.
Jacques Copeau a été ensuite administrateur de la comédie Française.
Homme passionné, aux relations orageuses, personnalité complexe, peu connu du public, il a pourtant impulsé le prolongement de son œuvre par des personnes de sa troupe dans le monde entier.
Propriété de l’association La Maison Jacques Copeau, la demeure est un lieu de mémoire théâtrale, de résidences de création et de stages de formations à l’intention des comédiens, compagnies émergentes, metteurs en scène et auteurs.
Un projet patrimonial vise à préserver la partie historique, redistribuer les locaux d’hébergement et la doter d’une structure permanente de travail, « abri poétique », conciliant lieu de création et patrimoine.
Splendide panorama sur le village de Pernand-Vergelesses et le vignoble en particulier les Cortons, Corton -Charlemagne, Corton Clos du Roy
16h30 BEAUNE
Découverte architecturale extérieure et vue panoramique depuis le 5° niveau.
Christiane CHOUX, trésorière de l’ASERU nous expose des éléments sur la conception et la construction de cette cité, centre d’interprétation des 1247 Climats reconnus au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 2015.
Climat au sens bourguignon du terme signifie : parcelle de vigne, nature du sol, pente et inclinaison, altitude, ensoleillement, cépages (chardonnay ou pinot noir), expression d’un territoire vivant.
En décembre 2016, le BIVB (bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne) valide le projet de création d’une Cité déclinée sur 3 sites : Beaune, Mâcon et Chablis.
Cette cité est construite par la Ville de Beaune avec une aide du conseil départemental et mise à la disposition du BIVB.
Un concours architectural a été lancé par la Ville de Beaune, maître d’ouvrage. Le groupe familial bourguignon ROUGEOT TP et Emmanuelle ANDREANI architecte urbaniste de Lyon sont retenus.
La conception allégorique trouve dans la vrille de la vigne son expression la plus évidente et aboutie : progression verticale en spirale, mouvement perpétuel de la vigne au cours des saisons, élan vers la lumière et le soleil.
De plus, le bâtiment doit répondre à des exigences de construction durable et responsable dans le parc protégé de la Chartreuse.
La construction a utilisé des matériaux biosourcés tels le bois, le béton végétal, la terre, la pierre de comblanchien, le verre…des panneaux photovoltaïques, un système de récupération des eaux de pluie, un toit végétalisé avec plantation d’une vigne gérée par le lycée viticole.
Des prouesses techniques sont réalisées :
Par sa conception audacieuse, ce monument- bâtiment, lancé à la conquête du ciel, convoque les compétences les plus abouties de l’art du bâtiment et des travaux publics.
La Cité est une référence majeure en France.
Le logo : le C majuscule fait référence aux notions essentielles des Climats, Culture, Clos, Côte, Cité….
La journée s’est terminée vers 17h30.
Jack Bernier – 18 octobre 2024